Joaillerie, Mode 27 mars 2013

La tete dans les etoiles

Les créateurs sont aujourd’hui des business men avisés, rompus aux techniques marketing. Mais en coulisses, ils restent des artistes au comportement parfois irrationnel…


sandrine-merle-collection-palaisdelachance-vancleef&arpelsCollection Palais de la Chance -Van Cleef&Arpels (20012)

Photo home page  : Salle Porte-bonheur  – Exposition « Christian Dior… Homme du siècle »  (Granville-2005)

Alors que la dernière collection du joaillier Van Cleef&Arpels, Palais de la Chance, célèbre la superstition via une centaine de pièces figurant des trèfles, des constellations ou encore des scarabées, Louis Vuitton met en scène la chance dans ses vitrines de Noël grâce à des trèfles à quatre feuilles et des ossements. Dans la mode et la joaillerie, la superstition est un sujet tabou, mais tous les créateurs semblent chercher à conjurer le destin grâce à des enchaînements secrets et des causalités obscures.  Autrefois, Castillo chez Lanvin s’arrangeait pour prendre les grandes décisions le 13, son chiffre porte bonheur. Mademoiselle Chanel privilégiait elle le 5. Elle sélectionne le flacon portant le numéro 5, elle donne le numéro 5 au 1er modèle de son défilé et après 15 ans d’absence, elle choisit de revenir le 5 février 1954. Aujourd’hui, selon les confidences de proches, Albert Elbaz créé une robe rouge dans toutes ses collections et Karl Lagerfeld hurle dès qu’il remarque un chapeau sur un lit ou une table. Mais chutttt ! Rares sont ceux qui osent raconter. « Des aiguilles tombées par terre sont signe de malchance, confie sous le sceau du secret une ancienne collaboratrice de Tom Ford. Ce dernier n’hésitait d’ailleurs pas à se baisser pour les ramasser ! » Extrêmement superstitieux, l’Italien Ricardo Tisci actuel directeur artistique de Givenchy porte autour du cou des breloques qu’il effleure tout au long de la journée afin de maintenir le lien avec ses proches. Le Sarde Antonio Marras refuse lui de se séparer de son legaccio rubio, un ruban rouge sang typique de son pays. En effet au XIXème siècle, il était offert aux émigrants pour maintenir le contact spirituel avec leur terre d’origine qui est exactement de la même couleur.  A chaque nouvelle collection, Guillaume Henry directeur artistique de Carven se rend ainsi à l’église Saint Roch (Paris) visiter Saint-Expedit patron de la jeunesse et des causes pressées. 
« Tous les créateurs sont plus ou moins superstitieux, mais il s’agit souvent de rituels qu’ils ont inventés et qui ne sont valables que pour eux », précise Jean-Jacques Picart consultant dans le luxe. Allez savoir pourquoi la plupart craignent d’en parler… La maison Christian Dior a elle bien compris que la superstition donnait un supplément d’âme et ne cesse de mettre en avant l’obsession de son fondateur pour les signes et les présages. Mr Dior consultait sa voyante pour tout et rien, pour choisir un nouveau fleuriste ou déterminer le jour de la présentation de sa nouvelle collection. Des anecdotes qui font maintenant partie de l’ADN de la maison et qui n’occultent jamais l’autre facette de Mr Dior, business man. Derrière ses correspondances secrètes, tous tentent ainsi de contrôler l’incontrôlable. « Il s’agit de deviner 6 mois ou un an en avance l’air du temps, explique Guillaume Henry. C’est angoissant car l’inspiration est fragile et impalpable. Il s’agit d’une énergie qui n’appartient pas aux couturiers. » Comme si elle venait d’un autre monde.

 

Joaillerie, Mode 5 janvier 2015

PARIS, CAPITALE DE LA JOAILLERIE.

Louis XIV, fou de diamants, contribua à faire Paris la capitale de la joaillerie.
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place-vendome5 Savez-vous pourquoi la joaillerie est-elle associée à Paris ? Aucun autre pays au monde n’a cette réputation d’excellence. Dès la Renaissance, sous François Ier, toutes les conditions sont déjà réunies pour… Paris, alors au centre géographique de l’Europe, bénéficie d’une clientèle locale de riches et de nobles. Tous les artisans s’y retrouvent car à l’époque, les routes infestées de brigands, ne permettent pas de faire voyager les pierres précieuses et l’or. Plus tard, Louis XIV, le monarque fou de diamants crée une véritable effervescence : il sollicite des hordes d’artisans pour satisfaire ses commandes extravagantes, notamment destinées aux Joyaux de la Couronne de France, portés lors des cérémonie. C’est à ce moment-là que les joailliers deviennent des experts dans l’art de mettre en valeur les pierres et commencent à s’installer dans les quartiers adjacents au Louvre, près de la place Vendôme. On ignore souvent que le vol des Joyaux de la Couronne, lors de la révolution en 1792, contribua aussi à la réputation des joailliers parisiens : en effet, Napoléon leur demanda d’en recréer d’autres, toujours aussi somptueux. L’émergence d’une noblesse d’empire très aisée, perçue comme des nouveaux riches de l’époque, favorisa également le dynamisme qui régnait dans ce métier. Paris est alors la première et l’unique place de joaillerie qui atteindra son pic de créativité dans les années 30.