Mode 13 décembre 2013

Le cuir vaut de l’or

Les marques de luxe tremblent car la pénurie de cuir menace leur activité de maroquinier.

sandrine-merle-cuirEnsemble en cuir perforé – Drome / Sac LC noir et blanc -Givenchy /  Sac Elena Ghisellini

Chanel vient de racheter la tannerie Bodin-Joyeux, spécialiste de l’agneau plongé. Ce rachat annoncé il y a quelques heures par la maison française de luxe fait suite à une longue série. Les groupes comme Kering et LVMH tout comme Hermès ont en effet entamé une politique de rachat de leurs tanneries historiques pour sécuriser leurs approvisionnements de cuir. L’industrie du luxe n’a jamais eu autant besoin de cette matière, notamment parce que la consommation de sacs est devenue absolument délirante. Selon une étude de l’Institut Français de la mode pour la Fédération de la Couture et du Prêt-à-porter, « la maroquinerie assure près des deux tiers du chiffre d’affaires des marques comme Chanel, Vuitton, Dior, Hermès ou encore Givenchy, Saint Laurent, Giorgio Armani, etc. » Les nouveaux entrants sur ce marché se compte par dizaines. Le prêt-à-porter consomme, lui aussi, utilise de plus en plus de cuir qui rivalise de souplesse avec la soie et le jersey. On frôle donc la pénurie de peaux exotiques, d’agneau et surtout de veau. Cette dernière, la plus souple et la plus fine, est la plus menacée car la France et l’Italie, les deux seuls pays consommateurs, en mangent de moins en moins alors qu’on l’élève principalement pour sa viande. La peau ne représente que 15% de sa valeur. Les prix montent, montent… « Le cours du cuir a augmenté de 30% ces 5 dernières années », estime Paul Batigne président du Conseil National du Cuir. « Pour pallier cette pénurie et atteindre un niveau d’exigence de qualité les bêtes sont chouchoutées comme jamais », explique Sophie Delafontaine directrice artistique de Longchamp. Les tannerie travaillent par exemple en amont avec les vétérinaires pour améliorer les conditions d’élevage car une bête qui souffre ne donne pas un beau cuir ! Il faut lui éviter les cicatrices laissées par les piqûres de moustique, par la teigne ou par les fils barbelés qui sont remplacés par des clôtures électriques. Comme pour un champion, la nourriture elle aussi entre en ligne de compte : les aliments composés sont remplacés par du foin et de l’herbe. Les marques commencent donc à communiquer sur leurs troupeaux de veaux et de moutons, sur leurs crocodiles, etc. Elles racontent la préquelle de leurs sacs, portefeuille et autre vêtements pour le plus grand bonheur des clientes à la recherche de la carte d’identité de leurs accessoires.

Mode 10 mai 2014

FULL METAL WATCH

En horlogerie, la tendance est à la montre 100% métal.
Découvrir l’intégralité du texte
Tendance émergente en horlogerie : la montre pour femme sur bracelet en métal. " Elles l’aiment parce qu’il pèse un certain poids, il ne craint ni les chocs, ni l’eau ", explique le détaillant Xavier Pénichot (Paris). Bref, il est fait pour le quotidien. Quant aux rayures, elles lui procurent même un charme supplémentaire. Dans l'imaginaire collectif, la montre sur bracelet or ou acier évoque aussi immédiatement la Rolex. Un grand classique qui représentent 8 montres sur 10 achetées par les femmes dans ma boutique, continue Xavier Pénichot. Fortes de ce constat, les marques surfent sur la tendance et jouent avec les combinaisons de maillons. Elles jonglent avec les formes rectangulaires, ovales ou semi-circulaires qui se répètent et s’imbriquent les unes dans les autres. Elle combinent les couleurs, principalement le rose, le gris et le jaune. Tous ces bracelets évoquent aussi l’esthétique géométrique des années 30, des années arts déco caractérisée par une géométrisation des formes, une rigueur des compositions combinés à des volumes simples.